Cette rubrique vous permettra de mieux connaître les villes et vilages corses et israéliëns, ainsi que tout ce qui se rapporte aux deux pays.
 
SAMPIERU CORSU
le plus "Corse des Corses"
Le  «plus Corse des Corses», héros parmis les héros, qui par amour pour  la patrie,  fut poussé a livrer une guerre de libération nationale contre la République de Gênes qui oppressait le peuple corse, a marqué l’histoire Corse de son empreinte et est devenu le symbole de la résistance Corseà l'occupant.

Né dans le village de Bastelica le 23 mai 1498, Sampieru Corsu est voué à embrasser la carrière des armes dés le départ, en raison des conditions économiques catastrophiques, des razzias barbaresques, de l'insécurité, de la pauvreté et de la misère. Comme bon nombre de ses compatriotes, il quitte donc la Corse  assez jeune, à quatorze ans depuis Bastia, pour rejoindre en 1512, son oncle Tristanu Corsu, capitaine au service de la République de Florence.

Il fit son apprentissage des armes en Toscane, sous la coupe de Pasquinu de Sia (soldat Corse devenu un des chefs de la garnison de Florence vers 1513), puis à 18 ans il va faire son baptême du feu auprès de Jean des Bandes Noires qui a le même âge que lui. A ses Côtés, de 1517 à 1545 Sampieru livra, avec la fougue qui le caractérise, mille batailles les unes plus mémorables que les autres. Il sera très souvent blessé, et même grièvement. Sampieru se bat partout et bien.

Tout cela lui vaut considérations et avancement. Il est nommé colonel de l'infanterie Corse su service du Roi Henri II par ordonnance rédigée par son père François 1er.

En 1545 Il ramène à Bastelica le corps de son frère cadet, Filippu Corsu, tué au combat. Etant le seul fils du clan à pouvoir assurer la pérennité de sa famille, il épouse  Vannina d'Ornano, noble qui a moins de 18 ans. 

Son mariage d'une part et sa force de l'autre feront de lui l'héritier de Vincentellu d'Istria et de Giuva Paolu de Leca, tous deux Grands héros du peuple, réfractaires à la tyrannie de Gênes, Sampieru a des projets pour la Corse,  Mais ceux-ci passent par la conquête du pouvoir local, donc par la nécessaire reconnaissance des populations insulaires.
 
Il défend les populations dans leurs affaires privées afin d’obtenir la «la Vox Populi» et s'imposer dans la région d'Ornano d'abord, puis dans toute la Corse.

Sampieru n'était pas seulement homme de guerre,  il voulait donner à son pays, avec l'indépendance, une constitution républicaine basée sur les institutions de Sambucucciu, et tirer de la position de l'île, de ses forêts, de ses produits, tout ce qui pourrait en faire une puissance maritime.

Sampieru  est arrêté  a Bastia le 27 décembre, sur ordres de Gênes. On l'accuse d'avoir préparé le soulèvement de la Corse en accord avec un Génois exilé, César Frégoso. Gênes, tremblant de peur pour la conservation de l'île, considére donc  Sampieru comme l'un des acteurs essentiels du complot international contre la République  dans lequel trempent également le roi de France, le pape et leurs agents : Fieschi, Frégosi. Gêne a perçu les ambitions secrètes de Sampieru qui veut chasser l'oppresseur (génois) de son île le met aux arrets.  Heureusement pour lui, son beau-père Francescu d'Ornanu intervient auprès du Roi de France qui obtient sa libération.

Sampieru voue dès lors une haine implacable envers Gêne.

Il se jette donc à la conquête de la Corse. Avec ses 7 000 hommes, il prend Bastia en quelques heures. Les  Génois s’enfuirent vers Corte, se rendant avant même d’être attaqués. Saint-Florent et Ajaccio ouvrent  leurs portes. Calvi et Bonifacio, résistent farouchement mais  succombent finalement. Ainsi en quelques semaine, à l’exception de Calvi toute la Corse était conquise. Les Corses de l’intérieur viennent spontanément se ranger derrière Sampieru.

Gênes ne voulant renoncer à la Corse avec l’aide de l’Espagne et de la Toscane (qui voyaient en Sampieru Corsu celui qui menaçait le fragile équilibre des forces en Méditerranée) , méne une contre-offensive forte de 12 000 fantassins, 500 cavaliers espagnols et Italiens, 2 500 arbalétriers toscans . Sampieru, qui ne pouvait être sur tous les fronts à la fois ne peut rien faire contre une telle puissance .Apres plusieurs mois d’apres combats, la plupart des places fortes tombent et seules les actions de guérilla  entretiennent le moral des Corses. La guerre s’enlise et le 5 février 1556 une trêve de 5 ans est signée à Vaucelles.

En avril 1559 la signature du traité de paix de Cateau-Cambrésis fût la conclusion de ce tractage, et la Corsemeurtrie par tant d’années de guerre fut à nouveau remise au joug de la République de Gênes.  Sampieru et le peuple corse qui avaient combattus pour leur liberté dans le camp français se sentirent trahis. Sampieru - qui sera bientôt nommé, le 19 septembre 1560, gouverneur d’Aix-en-Provence – dont la vie est menacée ne peut plus résider en Corse. Il se retire en sa maison de Marseille, située à proximité du quartier corse de la place Vivaux, auprès de Vanina et de son second fils, encore jeune, Anton Francescu.

Les autorités Génoises agissent de façons injustes, de nouvelles lois sont édictées contre le peuple. Tous les Corses qui avaient osé combattre aux côtés de Sampieru furent envoyés aux galères. Le peuple est désarmé. En même temps Gênes accable le peuple Corse de nouveaux impôts. La révolte gronde à nouveau au sein d’une société Corse épuisée et qui se retrouve dans une misère extrême. Au printemps 1562 Gênes s’alarme une fois encore :  Sampieru, comme pour préparer un nouveau débarquement en Corse envoie divers messages. Les espions de Gênes découvrent l’alliance faite avec des turques. Sa tête est alors mise à prix : 4000 écus d'or vivant , 2000 mort .

Sampieru a  besoin d'une force maritime puissante capable de le soutenir dans son opération de libération de la Corse et les turcs sont une belle opportunité . Partis de Marseille le 9 juin 1564, une centaine d’hommes bien armés, commandés par Sampieru Corsu débarquent  dans le golf du Valincu.

Le château d’Istria est pris aussitôt, Corte se rend, la Terre du Commun est occupée. Première victoire à Vescovatu (Vescovato), suivie le 9 et 10 juillet d’une seconde, brillante et décisive, à la Pietra de Caccia. En un mois et demi la majeure partie de la Corse est occupée. Les Génois fuient l’intérieur de l’île n’occupant plus que les grandes villes. Mais les secours ne furent pas aussi suffisants que Sampieru l’aurait espéré. Suffisants toutefois pour poursuivre une guerre d’usure et qui ajoute de nouvelles souffrances à celles déjà trop nombreuses que connaît le peuple Corse. Au printemps les Génois mènent une offensive cruelle.

Gênes percevant la faiblesse mène alors une répression encore plus féroce tout en faisant des promesses de pardon auxquels ne sont pas insensibles quelques féodaux du Sud. On arrive même, dans le camp de Sampieru, à la conspiration. Le 17 janvier 1567 à Eccica-Suarella, près de Cauru (Cauro), Sampieru est surpris par un détachement de génois, conduits par Hercule d’Istria (un rebelle Corse devenu traître en passant au service de Gênes).

Sampieru fait face à des adversaires supérieurs en nombre. Se sentant perdu il ne songe qu'à sauver la vie de ses compagnons et surtout celle de son fils qui combat pour la première fois. Il se défend donc pied à pied en arrière garde pour permettre à son fils et à ses compagnons de se mettre hors de portée de l'ennemi, dont la moyenne d'âge est de vingt ans, lui-même en a près de soixante dix. Mais cela importe peu à Sampieru qui tue nombre de ses adversaires. Soudain dans le cliquetis des armes un coup de feu claque atteignant Sampieru dans le dos et jetant ce dernier à terre. Les assassins se précipitent, lui portent alors le coup de grâce et s’acharnent haineusement sur son cadavre qu’ils dépècent littéralement et chacun en arrache une partie comme pour acquérir à travers lui un peu de la force du surhomme qu'incarnait Sampieru Corsu.

A Gênes la mort de Sampieru est reçue avec un très grand soulagement, satisfaction et triomphe. La tête de Sampieru Corsu est exposée à Ajaccio au bout d'une pique, et ce qui restât de sa dépouille expédiée aux quatre coins de l'île afin qu'exhibée aux yeux du peuple celui-ci soit découragé à tout jamais de rébellion à l'encontre de Gênes.

Ainsi s’achève une guerre de Corse longue et cruelle. Le prix payé par les Corses pour leur indépendance aura été bien lourd. Au XVIII ème siècle, dans un grand réveil Révolutionnaire, un autre grand héros du peuple Corse : Pasquale Paoli, u Babu di a Patria (Le Père de la Patrie) va dresser a nouveau l'étendard de la révolte contre le joug de la tyrannie.



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