Cette rubrique vous permettra de mieux connaître
les villes et vilages corses et israéliëns,
ainsi que tout ce qui se rapporte aux deux pays.
Il
est un des hauts lieux de la Balagne : CORBARA
MISE SUR SON PATRIMOINE
Il attire chaque année
des milliers de visiteurs séduits par
sa beauté et ses richesses naturelles.
Afin d'optimiser ses potentialités touristiques,
la municipalité a mis sur pied une politique
patrimoniale ambitieuses.
Comme l'explique Paul LIONS, le maire de Corbara
: " Notre programme vise la revitalisation
du village par une politique d'avenir orientée
vers la jeunesse et surtout l'inter-communalité
du bassin de l'Ile-Rousse où notre commune
doit jouer un rôle actif ". Car si
Corbara est loin d'ête économiquement
sinistrée, il reste beaucoup à
faire, ne serait-ce que dans la préservation
et la mise en valeur du patrimoine naturel et
bati du village qui ne demande qu'à retrouver
le rayonnement culturel qui fut le sien dans
les siècles passés.
Un musée du Trésor
Michel Franceschini, adjoint à la culture
et au patrimoine, ne cache pas sa satisfaction
de mener à bien une tache, qui tout en
étant complexe, demeure réaliste
: " Notre objectif est de préserver
les symboles de notre passé, de cet important
patrimoine que nous ont légué
nos ancêtres et d'améliorer l'accueil
et la convivialité dans le but de créer
un contexte favorable à la création
d'un tissu économique e social. Ainsi
notre église paroissiale, la collégiale
" A Nuziata " fait l'objet d'une restauration
par le biais de l'association Sant'Antone Abbate
qui s'occupe de réunir les fonds nécessaires
à la réfection des façades
et du clocher de ce magnifique édifice
baroque construit entre 1640 et 1715, inscrit
à l'inventaire des monuments historiques.
Notre église possède de très
belles uvres classées, notamment
un somptueux ensemble maître autel central
daté de 1747 dans un style baroque flamboyant
en marbre blanc de Carrare, des orgues baroques
historiques, uvres des facteurs Agati-Tronci
de Ville di Paraso ainsi qu'un tableau du legs
Fesch (oncle de Napoléon) représentant
saint Augustin ".
L'équipe municipale s'est aussi attelée
à mettre sur pied dans la sacristie un
" Musée du Trésor ".
" Y seront exposés un meuble en
bois datant de 1684 avec un retable composé
de trois tableaux sur bois du XVème siècle
classé et restauré, un ensemble
de chasubles, nappes et autres vêtements
sacerdotaux du XVIème, XVIIème,
XVIIIème et XIXème siècles
classés pour la plupart et d'autres trésors
comme des pièces d'orfèvrerie
".
Création du pôle culturel
Dans un proche avenir, un terrain attenant
à l'église accueillera une salle
dévolue à diverses activités.
" Nous envisageons de créer un centre
touristico-culturel, poursuit l'adjoint à
la culture. Ce sera un lieu d'échanges
avec bibliothèque et salle de réunion
où se tiendront des conférences.
Différentes activités liées
à la vie sociale de Corbara pourront
s'y d "rouler, d'autant que notre commune
est le siège de plusieurs associations
culturelles comme " A memoria di u seculu
" qui travaille à l'élaboration
d'une monographie sur la vie du village au XXème
siècle, " A Balagna antica, qui
propose des conférences à partir
de recherches historiques sur notre région,
et encore " A quadrilla di i culori "
qui est une petite école de peinture
".
Du fait de la présence de la collégiale,
la commune possède une dizaine de chapelles,
dont certaines sont inscrites au patrimoine
comme la chapelle Notre Dame du Latiu qui pourrait
être intégrée dans un circuit
touristique mais, là aussi, des efforts
restent à consentir car pour l'heure
" beaucoup d'entre elles sont fermées,
donc inaccessibles au public ".
Réhabilitation du couvent
Le couvent de Corbara, qui draine chaque année
un nombre croissant de visiteurs, fait l'objet
d'une attention particulière.
Adossé au mont Sant'Angelo, le couvent
saint Dominique qui vit séjourner en
ses lieux chargés d'histoire des personnages
illustres, reçoit la visite d'une foule
de fidèles et de curieux attirés
par cet imposant bâtiment dominant la
mer. " Les frères de Saint Jean,
déclare le Père supérieur
Olivier Marie, accueillent les personnes désireuses
de faire un retraite chez nous dans un climat
de prière et de silence. Nous organisons
aussi des sessions philosophiques, théologiques,
bibliques et familiales. Les week-ends s'adressent
aux enfant, aux jeunes et aux familles pour
mieux découvrir ensemble l'importance
de l'amitié, du mariage et de l'éducation
sur le plan humain et chrétien ".
Les frère, qui sont très appréciés
des Balanins, qui participent aux messes et
aux repas conférences, ont aussi la responsabilité
de neuf paroisses et d'une aumônerie scolaire.
" Un gros projet de restauration du couvent
qui appartient à la mairie est envisagé
pour répondre à des exigences
de conformité, souligne le Père
supérieur. Les aides de la Région
et les dons seront aussi les bienvenus afin
d'améliorer nos capacités d'accueil,
d'autant que les demandes pour effectuer des
retraites ne peuvent pas être toutes exaucées,
le couvent ne pouvant accueillir que 60 personnes
maximum ".
De Davia à Alain
Peyrefitte
Corbara
est le berceau de nombreuses personnalités.
Pour l'essentiel nous retiendrons, Giovanni
Danielli, conseiller et médecin
du roi Louis XIII, Davia Franceschini
dont la maison familiale " A casa
du i Turchi " reconnaissable aux
deux babouches surmontant le portail évoque
l'histoire étonnante de cette enfant
de Corbara qui devint sultane du Maroc
au XVIIIème siècle.
Citons aussi le R.P. Mariani dit "
Padre Rossu ", docteur en droit de
l'Université de Salamanque (Espagne),
recteur de l'Université de Corte
et collaborateur e Pascal Paoli, enfin,
le secrétaire particulier de Napoléon
III, Tito Franceschini-Pietri.
Le couvent de Corbara a vu séjourner
en ses murs des personnages célèbres
tels que Pascal Paoli habitué des
lieux qui, en 1798 décida de la
fondation de la ville d'Ile Rousse, le
Père Didon, philosophe-écrivain
exilé au couvent en 1880 en raison
de ses idées libérales,
Guy de Maupassant, qui tirera de sa rencontre
avec le Père Didon un fameux article
pour le journal " Le Gaulois "
et Alain Peyrefitte, ancien ministre du
Général de Gaulle qui venait
s'y ressourcer pour ses travaux d'écrivain.
Le couvent de Corbara
Sentiers de randonnées
L'autre cheval de bataille de la municipalité
est la conception des sentiers de randonnées
à travers l'inter-ommunalité.
Ce projet, mené à bien par l'association
"U Ghjinebaru ", a comme fil conducteur
la découverte des anciens sentiers. Tous
bénévoles, les jeunes et les plus
anciens du village ont travaillé de concert
dans une ambiance conviviale. " Notre but,
relate Paul Lions, est de défricher les
entiers afin de mettre en valeur notre petit
patrimoine communal avec ses fontaines comme
celles de Leccia et de Saligrasti datant du
XVIème et XVIIéme siècles,
les lavoirs et les édifices. Munis de
tronçonneuses et de débroussailleuses,
les membres de l'association se sont attaqués
aux ronces et n'ont pas hésité
à abattre certains arbres bouchant le
passage, tout ceci dans le respect de notre
environnement, bien sûr ".
En quelques chiffres
Corbara
est une commune de 1007 habitants bénéficiant
de 7 Km de façade maritime (6 plages).
Sa population est de 727 habitants, dont
la moitié est active.
Côté administration, elle
compte un bureau de poste avec un Receveur
et un préposé, 15 employés
communaux, une école avec une classe
unique de 16 élèves.
Le secteur de la santé est représenté
par deux infirmières, deux médecins
généralistes et un cardiologue.
25 entreprises sont installées
dans la zone artisanale dont une grande
surface alimentaire et une de bricolage.
Enfin, la commune compte 20 gîtes
dont 4 communaux.
L'objectif étant aussi de proposer aux
randonneurs un parcours à visée
éducative présentant la richesse
de la faune et de la flore de la région.
Les plus curieux pourront aussi se rendre dans
les carrières de Barcale réputée
pour la densité de leur granit. "
Ce site remarquable, dont l'accessibilité
devra être améliorée, explique
Michel Franceschini, est situé en plaine
au lieu-dit Balanea, une ancienne cité
romaine. Il abrite un monolithe de 300 tonnes
et de 3 mètres de diamètre. Taillée
en 1828, cette colonne à facettes de
11,50 mètres de long était destinée
à orner le monument de Napoléon
au Casone à Ajaccio ".
" Les projets sont au rendez-vous de notre
commune et à la hauteur de ses ambitions
légitimes et surtout compatibles avec
les financements possibles ", conclut le
maire de Corbara qui s'est résolument
engagé avec son équipe municipale
à favoriser toutes les initiatives porteuses
d'avenir afin de permettre " à la
jeunesse de la commune de vivre et de travailler
au pays ".
Reportage Marie Françoise
Quilichini
Avec l'aimable autorisation de " La Corse - Votre
Hebdo ".