Ancienne
capitale du roi Théodore 1er
VOYAGE AU CUR DE CERVIONE
Cet important village peut être fier
de sa richesse historique et culturelle. Mais
aussi, au présent, de sa qualité
" de vie dont témoigne sa grosse
activité associative. Ca " bouge
" au pied du Monte Castellu et beaucoup
de bourgs devraient s'inspirer de son dynamisme.
Un palais, une citadelle.
Passé, présent, futur. La richesse
de Cervione se conjugue décidément
à tous les temps. Arpenter ses ruelles
revient ainsi à sentir sur soi le souffle
de personnages épiques qui ont marqué
l'Histoire de la Corse.
Mais c'est aussi aller à la rencontre
d'hommes et de femmes qui, pour avoir la mémoire
de leur village chevillée au corps, sont
aussi résolument tournés vers
les choses de leur temps.
Enfin, l'omniprésence de la culture en
ces lieux, servie par un fort potentiel humain,
est aussi un gage d'avenir pour cette commune
qui, depuis 30 ans, a rarement eu le moindre
train de retard.
Dans bien des domaines, c'est au contraire dans
les wagons de tête que l'on reconnaît
celui portant son blason !
Administrée depuis 1995 par Pierre Louis
Nicolaï, cette commune renvoie donc d'abord
l'image d'un haut lieu du patrimoine.
L'héritage de deux personnages clés
est bien présent. Alexandre Sauli comme
Théodore de Neuhoff ont effectivement
contribué à faire de Cervione
un grand pole d'intérêt historique.
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Un siècle et demi plus tard, la localité
pris une dimension plus grande encore en devenant
capitale de la Corse, au plan politique cette
fois.
Proclamé roi de l'ile lors d'une consulte
qui eut le couvent d'Alesani pour théâtre
le 15 avril 1736, le mystérieux baron
allemand Théodore de Neuhoff, le choisit
en effet pour y installer son trône.
Duquel il vacilla au demeurant très vite
puisqu son règne fut éphémère.
Tous comme sont restés très obscurs,
aujourd'hui encore, les tenants de sa prise
d'un pouvoir déjà marqué
du sceau de la démocratie. D'où
sa popularité
Une radio, un musée, des services
pédagogiques et informatiques, etc
La référence ADECEC
Au travers de ses nombreuses activités,
cette association ne se contente pas d'enrichir
la vie de la commune et du canton. C'est en
fait à tout le patrimoine de la Corse
qu'elle s'intéresse.
Dire que la création de l'ADECEC (en
décembre 1970) puis le développement
incessant de ses activités ont bouleversé
la vie de la population cervionnaise, relève
du lieu commun. Incontestablement, cette association
a redonné une âme au village. Et
c'est bien au-delà des frontières
de la Costa Verde qu'est perceptible l'impact
de son travail. Omniprésente dans tout
ce qui se fait de beau et d'utile, l'ADECEC
répond ainsi parfaitement, de par son
rayonnement, à l'appellation de "
plaque tournante ".
Mieux : dans son combat pour la sauvegarde de
tout ce qui a trait au patrimoine corse ; c'est
un intérêt d'ordre régional
que revêt sa démarche.
Une véritable action d'utilité
publique !
Une démarche salutaire.
A ce stade de notre portrait de cette structure
polyvalente et unique en son genre, il n'est
pas inutile de rappeler aux uns et de dévoiler
aux autres la signification de son sigle
Association pour le Developpement des Etudes
archéologiques, historiques, linguistiques
et naturalistes du Centre-Est de la Corse :
tel est donc l'intitulé exact choisi
par la trentaine de pionniers (pour la plupart
enseignants) qui, voici 35 ans, choisirent de
refuser à leur manière la fatalité
d'un appauvrissement - annonciateur de maux
encore plus terribles - de ce qui fait le patrimoine
de notre île.
En premier lieu, sa langue. Et au travers d'elle,
toutes les notions de convivialité, de
solidarité entre les générations
et de richesse associative, en proie à
l'époque aux méfaits d'une grave
crise identitaire. En ce début des années
70, les temps sont effectivement durs pour ceux
qui aspirent à voir la Corse conserver
son authenticité, cultiver ses valeurs,
protéger son capital culturel. Mais certains
s'emploient à réveiller les consciences
par le biais de combat de différentes
natures. La création de l'ADECEC s'inscrit
dans cette démarche salutaire
Une fierté légitime.
Même si celles et ceux qui l'animent ne
sont pas des adeptes de l'autosatisfaction,
l'ADECEC peut être fière aujourd'hui.
Fière d'avoir, par l'éclectisme
de ses activités, su rallier tout le
monde à sa cause, par delà les
clivages et sensibilités politiques.
Fière d'avoir, soit initié, soit
indirectement donné une impulsion nouvelle
à toutes les initiatives liées
à la sauvegarde du patrimoine. Fière
d'avoir, derrière ce souci de protéger
la mémoire d'une île, toujours
su vivre avec son temps et même à
l'avant-garde, comme en témoigne sa faculté
à être toujours à la pointe
des technologies nouvelles de l'informatique
et de la communication. Fière enfin de
l'esprit militant intact qui veille à
ce que son musée, sa radio et sa structure
pédagogique (cours de langue corse, conférences,
édition de nombreuses brochures, etc
) maintiennent la flamme. Avec un rayonnement
régional qui fait donc de l'ADECEC une
référence en la matière.
Un véritable modèle.
Quelques chiffres clés.
- 8 salariés, prés de 500
adhérents.
- 4000 entées par an pour son
musée qui propose la visite audio-guidée
(multilingue) de ses 14 salles où
sont recensés environ 2000 objets,
documents ou reproductions liés aux arts
et aux traditions corses.
- 50 000 mots de vocabulaire corse dans
sa lexicographie qui être aussi consultée
sur le WAP au même titre que l'actualité
en langue corse (bulletins d'informations).
- 16 heures d'antenne quotidienne dont
8 en direct (l'essentiel en langue corse)
pour sa radio qui porte le nom de " Voce
Nustrale ".
(Note de Corse-Israêl
: Pour avoir une idée plus précise
des activités de l'ADECEC et de son formidable
travail au service de la Corse, consultez son
site
)
Fruit emblématique du
village : le combat de la noisette.
Voici près d'un siècle maintenant
que le nom de Cervione est associé à
la noisette.
La culture de ce fruit s'est effectivement substituée
à celle du cédrat, après
que le gel ait causé de graves dégâts
aux vergers et encouragé les cultivateurs
à " changer leur fusil d'épaule
".
Sa récolte manuelle, ses maigres besoins
en eau, en engrais et en traitement phytosanitaires,
sont il est vrai autant d'atouts du noisetier
qui, dans la période de l'entre-deux-guerres
va ainsi investir les zones humides (et donc
jusque là peut propice à d'autres
cultures) de la commune et de celles environnantes
de la Costa Verde, du Campoloro-Moriani et de
l'Ampugnani.
Après le second conflit mondial, Cervione
assoit sa position de leadership de la production
régionale en assurant les deux tiers
de celle-ci (400 tonnes).
La noisette corse est alors à son apogée
et sa renommée fait d'elle l'un des principaux
produits d'exportation de l'île.
Une période faste à laquelle vont
succéder des temps plus difficiles, en
raison de la concurrence exercée par
certains pays méditerranéens au
premier rang desquels la Turquie.
Le milieu des années 70 marque donc une
forme de déclin de la noisette corse,
illustrée par la forte diminution de
sa production. Et c'est dans le cadre d'une
revalorisation de cette filière, symbolique
d'une économie identitaire, que s'inscrit,
à l fin des années 90 la création
de l'association professionnelle " A Nuciola
".
Son objectif : relancer cette activité
en s'efforçant de développer le
verger existant, en assurant la promotion de
la noisette au travers d'évènements
ponctuels et en menant le combat au travers
d'une labellisation du produit (AOC ou IGP).
Alors que le groupement de producteurs mis en
place gère aujourd'hui de façon
plus cohérente la production locale (de
l'ordre généralement de 120 à
150 tonnes annuelles) A Nuciola appelle désormais
de tous ses vux la création d'une
structure collective de transformation du fruit.
Une fois cet outil obtenu, de nouvelles activités
pourront en effet être développés
pour une valorisation optimale de la filière.
(Site internet de A Nuciola :
)
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