Portraits
Corse Israël s'entretient avec Mr Hayim Knopfer, président de l'association de soutien aux nécessiteux: Tikva Market-les Supermarchés de l'Espoir.
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ISRAEL
KEREN OHR LETZION - TIKVA MARKET
74/12 KATZENELBOGEN ST. POB 43267 JERUSALEM
TEL (972) 2 653 7080 FAX (972) 2 653 7020
 
   

FRANCE
LES AMIS DE KEREN OHR LETZION - TIKVA MARKET
125, QUAI DE VALMY 75010 PARIS
TEL (33) 1 43.77.69.88 FAX (33) 1.43.77.71.31

 
   

USA ; FRIENDS OF KEREN OHR LETZION - TIKVA MARKET 852-854 N. SPAULDING ST. LOS ANGELES CA 90350 TEL (323) 782 6951 FAX (323) 782 6951

 

 

Corse-Israël : Nous allons parler de votre association, mais avant tout nos internautes aimeraient savoir qui se cache derrière cette initiative très particulière, parlez-nous de vous svp ...

Hayim Knopfer : Je me suis établi avec ma famille en Israël depuis 4 ans, auparavant, j'ai habité en France, aux Antilles, et aux Etats-Unis.

C-I : Vous êtes un véritable globe-trotter !

H-K : Vous connaissez l'image du juif errant? Et bien celle-ci me correspondait parfaitement, jusqu'au jour ou j'ai décidé de faire mon retour aux sources en venant m'installer sur la terre de mes ancêtres en Israël, et de boucler une boucle qui ne cessait de s'étirer.

C-I : Vous ne vous êtes pas contenté de vivre en Israël, vous avez pris sur vous, d'aider les gens autour de vous ...

H-K : En arrivant en Israël, une réalité m'est apparu insoutenable, je me suis rendu compte que beaucoup de gens vivaient en dessous du seuil de pauvreté et j'ai tout naturellement voulu faire quelque chose pour leur venir en aide.

C-I : En quoi "Tikva Market" se distingue-t-il des autres formes d'aides sociales ?

H-K : Ils s'agit de supermarchés d'un nouveau genre qui permettent, aux personnes les plus démunies, de venir faire leurs courses et de s'approvisionner dans les produits dont ils ont réellement besoin, en toute discrétion et en ne payant que 10% du prix indiqué.
Ainsi, un poulet valant 20 shekels ne coûte que 2 shekels.

C-I : Pourquoi faire payer plutôt que de donner simplement de la nourriture ?

H-K : Le geste de tendre la main pour se nourrir, est l'un des plus humiliant.
Le fait de se retrouver un chariot à la main à choisir ses articles et à les payer, n'a rien à voir avec le fait de mendier ou de recevoir gratuitement des denrées.
En arpentant les rayonnages, comme tout le monde, le sentiment d'exclusion disparaît et c'est alors que de nouveaux horizons peuvent s'envisager en toute dignité.

C-I : Comment cela se passe t-il concrètement ?

H-K : Tout se déroule dans la plus grande discrétion, deux semaines après l'enquête, la famille nécessiteuse reçoit une carte lui donnant droit à une réduction et à un volume d'achat maximum en fonction de la situation financière et du nombre de personne.
A titre d'exemple, une famille privée de ressource avec 3 enfants, reçoit une réduction de 90% pour un montant mensuel de 1.500 Shekels soit environ 260 Euros. Elle peut ainsi faire face à ses achats en produits de base: sucre, huile, farine, riz, pâtes… ou mieux, améliorer son quotidien.

C-I : Comment savez-vous qu'une famille est vraiment nécessiteuse?

H-K : Nos assistantes sociales sont chargées de mener des enquêtes de voisinage, et de procéder à des vérifications très poussées lors de la visite chez les familles.
Mais s'il est important de ne pas aider à tort, il demeure capital de rechercher ceux, qui par pudeur ou crainte ne se sont pas manifesté.
Et c'est là que le rôle des municipalités entre en jeu. Car les services sociaux nous adressent en priorité leurs cas les plus critiques.

C-I : Cette aide est-elle limitée dans le temps ?

H-K : Effectivement, l'aide apportée n'est que d'une durée de six mois, car le but n'est pas de rentrer dans une logique d'assistanat, mais d'aider activement.
C'est la raison pour laquelle dés le début, nous informons ceux qui bénéficient de notre soutien, que l'aide que nous leur octroyons est limitée, de cette manière il s'opère une prise de conscience; qu'une perche leur est tendue pour sortir de leur situation.
Beaucoup de familles dont nous nous occupons, ont sombré dans le désarroi à cause d'un choc causé par la perte d'un emploi ou à la suite de la disparition du pilier financier de la famille.
Durant ces moment clés et imprévisibles, un soutien d'une courte durée aurait bien souvent permis à une famille de ne pas basculer dans la pauvreté ou l'exclusion.

C-I : D'où est venue cette innovation 100% Israélienne ?

H-K : Lors de nos distributions de colis de nourriture, nous nous sommes aperçu de deux problèmes:
1/ Le caractère souvent inadapté des cartons standardisés que nous fournissions.
2/ Le sentiment de honte que ressentait ceux qui venaient récupérer leur carton.
C'est donc tout naturellement que cette solution c'est imposée à nous.
Et je tiens ici à saluer tous ceux et toutes celles qui nous soutiennent, au quotidien que ce soit les bénévoles, les donateurs grands et petits, les politiques et rabbins, sans qui, ce merveilleux projet n'aurait pu voir le jour.

C-I : Auriez-vous un message à adresser à la communauté corse?

H-K : Si vous me le permettez, ce n'est pas à la communauté corse, que j'aimerais m'adresser mais à tous ceux qui ne connaissent pas l'île de beauté et ses habitants.
Car au début de mes activités communautaires, le premier centre de vacance que j'ai organisé se déroulait à Calvi.
A cette époque les relations entre l'île et le continent étaient explosives dirons-nous, et lors de mon arrivée, ce fut plutôt un regard méfiant, qu'une admiration du paysage qui me préoccupait.
Rapidement je fis connaissance avec ces gens qui ont, en autres points communs avec le peuple juif, d'être les plus mal connus du monde.
Il faut dénoncer une grande injustice, le peuple corse est un peuple généreux, fier et digne, et à l'instar du peuple israélien on peut le comparer à cette figue de barbarie, dont les épines extérieures cachent et protègent une profonde sensibilité.

C-I : Hayim, ce fut un réel plaisir !

H-K : Tout le plaisir fut pour moi et encore félicitations pour votre site et votre association!