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Corse-Israel : Yaacov Ye'hezkel Corda,
vous êtes né en Corse ?
Yaacov Ye'hezkel
Corda :
Oui, je suis né à Porto Vecchio, en
Corse du Sud.
C-I : Et vous habitez, aujourd'hui,
en Israël.
Y.Y.C : Grâce à D.ieu,
je vis aujourd'hui, dans le cur du monde, à
Jérusalem.
C-I : La vie devait être différente
autrefois, en Corse du sud ?
Y.Y.C: On peut dire
que c'est une toute autre vie. Porto Vecchio est une
petite ville tranquille au bord de mer, alors que Jérusalem
est une métropole du monde extrêmement
mouvementée. Par ailleurs, l'essentiel de mon
temps se passe aujourd'hui à enseigner la sagesse
de la 'Hassidout, alors qu'en Corse mon temps était
tout entier donné aux métiers artistiques.
C-I : Vous pouvez nous préciser
quels étaient ces métiers ?
Y.Y.C : Je ne me rappelle
plus si dans mon enfance, l'écriture est venue
en premier, ou le dessin
Quoi qu'il en soit, à
partir de ces deux disciplines, je me suis exprimé
dans le Théâtre, puis dans la peinture
et la sculpture. L'enseignement est venu tout naturellement.
Il faut également rajouter le chant, depuis mon
plus jeune âge.
C-I : Est-ce que vous avez été
initié aux chants polyphoniques Corses, qui
aujourd'hui gagnent également le reste du monde
?
Y.Y.C : Curieusement,
ce n'est que quelques années avant de quitter
la Corse que s'est dévoilé un intérêt
profond pour la chanson Corse. Je travaillais alors
ma voix plusieurs heures par jour, dans l'ancien cinéma
de la ville qui avait une magnifique résonance.
Là, je chantais quelques fois avec des membres
du groupe I Surgjhenti. C'était également
mon atelier de peinture où je dispensais mes
cours.
C-I : Est-ce que vous étiez reconnu
en tant que peintre dans l'île ?
Y.Y.C : Grâce
à D.ieu, avec mes élèves et compagnons,
nous étions très souvent dans les journaux
qui annonçaient les nombreuses expositions que
nous faisions; dans l'ancienne usine à liège,
au Bastion de la ville, à l'Ospédale et
à Corté, aux rencontres internationales.
J'ai concouru également pour le premier grand
prix international de peinture et sculpture de la Corse.
J'ai obtenu "la grande finale" dans les deux
disciplines de peinture et sculpture.
C-I : Des souvenirs de votre enfance
en Corse ?
Y.Y.C : J'ai peur
qu'en disant des souvenir, ça paraisse très
loin ! Mon cur garde encore l'odeur de la mer,
le tintement léger des mats du port de plaisance.
Et puis surtout, les étés passés
dans la montagne de l'Ospédale et de Bavella.
L'odeur des fougères et de la résine des
pins, les petites rivières et les pics escarpés.
L'émotion d'apercevoir un mouflon
Toutes
ces sensations sont l'enfant qui est en moi, qui vit
au présent avec l'adulte que je deviens par la
sagesse de la Thora. Aujourd'hui, lorsque dans un des
livres que j'écris, je parle de nature; remontent
en moi, toutes les senteurs et les visions de la terre
où je suis né.
C-I : Est-ce que vous regrettez d'avoir
quitté la Corse ?
Y.Y.C : Non; je ne
regrette pas du tout, j'ai fais le choix le plus important
de mon existence, mais quand vient le moment pour votre
âme de se donner à D.ieu, il faut lui donner
ce qui vous est réellement cher. D.ieu, en échange,
vous permet d'emporter avec vous, ce qui est la part
la plus belle de votre être.
C-I : Et c'est ?
Y.Y.C :
L'enfant, pour qui la distance ne compte pas
Lorsque je suis fatigué par mes nombreuses
occupations, je revis un instant de la fraîche
nature de la Corse et mon âme peut alors se
reposer et continuer la mission qui lui a été
confiée.
C-I : CORSE-ISRAEL vous remercie
de votre participation.
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