Portraits
Cette rubrique vous permetra de mieux connaitre les habitants des 2 pays .
Corse Israel s'entretient avec Mr Yaacov Ye'hezkel Corda, né en Corse
Yaakov : 025611583  
Mitsva Piria veRivia
Cliquez pour agrandir
Adagio

Corse-Israel : Yaacov Ye'hezkel Corda, vous êtes né en Corse ?

Yaacov Ye'hezkel Corda : Oui, je suis né à Porto Vecchio, en Corse du Sud.

C-I : Et vous habitez, aujourd'hui, en Israël.

Y.Y.C : Grâce à D.ieu, je vis aujourd'hui, dans le cœur du monde, à Jérusalem.

C-I : La vie devait être différente autrefois, en Corse du sud ?

Y.Y.C: On peut dire que c'est une toute autre vie. Porto Vecchio est une petite ville tranquille au bord de mer, alors que Jérusalem est une métropole du monde extrêmement mouvementée. Par ailleurs, l'essentiel de mon temps se passe aujourd'hui à enseigner la sagesse de la 'Hassidout, alors qu'en Corse mon temps était tout entier donné aux métiers artistiques.

C-I : Vous pouvez nous préciser quels étaient ces métiers ?

Y.Y.C : Je ne me rappelle plus si dans mon enfance, l'écriture est venue en premier, ou le dessin…Quoi qu'il en soit, à partir de ces deux disciplines, je me suis exprimé dans le Théâtre, puis dans la peinture et la sculpture. L'enseignement est venu tout naturellement. Il faut également rajouter le chant, depuis mon plus jeune âge.

C-I : Est-ce que vous avez été initié aux chants polyphoniques Corses, qui aujourd'hui gagnent également le reste du monde ?

Y.Y.C : Curieusement, ce n'est que quelques années avant de quitter la Corse que s'est dévoilé un intérêt profond pour la chanson Corse. Je travaillais alors ma voix plusieurs heures par jour, dans l'ancien cinéma de la ville qui avait une magnifique résonance. Là, je chantais quelques fois avec des membres du groupe I Surgjhenti. C'était également mon atelier de peinture où je dispensais mes cours.

C-I : Est-ce que vous étiez reconnu en tant que peintre dans l'île ?

Y.Y.C : Grâce à D.ieu, avec mes élèves et compagnons, nous étions très souvent dans les journaux qui annonçaient les nombreuses expositions que nous faisions; dans l'ancienne usine à liège, au Bastion de la ville, à l'Ospédale et à Corté, aux rencontres internationales. J'ai concouru également pour le premier grand prix international de peinture et sculpture de la Corse. J'ai obtenu "la grande finale" dans les deux disciplines de peinture et sculpture.

C-I : Des souvenirs de votre enfance en Corse ?

Y.Y.C : J'ai peur qu'en disant des souvenir, ça paraisse très loin ! Mon cœur garde encore l'odeur de la mer, le tintement léger des mats du port de plaisance. Et puis surtout, les étés passés dans la montagne de l'Ospédale et de Bavella. L'odeur des fougères et de la résine des pins, les petites rivières et les pics escarpés. L'émotion d'apercevoir un mouflon…Toutes ces sensations sont l'enfant qui est en moi, qui vit au présent avec l'adulte que je deviens par la sagesse de la Thora. Aujourd'hui, lorsque dans un des livres que j'écris, je parle de nature; remontent en moi, toutes les senteurs et les visions de la terre où je suis né.

C-I : Est-ce que vous regrettez d'avoir quitté la Corse ?

Y.Y.C : Non; je ne regrette pas du tout, j'ai fais le choix le plus important de mon existence, mais quand vient le moment pour votre âme de se donner à D.ieu, il faut lui donner ce qui vous est réellement cher. D.ieu, en échange, vous permet d'emporter avec vous, ce qui est la part la plus belle de votre être.

C-I : Et c'est ?

Y.Y.C : L'enfant, pour qui la distance ne compte pas… Lorsque je suis fatigué par mes nombreuses occupations, je revis un instant de la fraîche nature de la Corse et mon âme peut alors se reposer et continuer la mission qui lui a été confiée.

C-I : CORSE-ISRAEL vous remercie de votre participation.