Corse-Israel : Bonjour David, merci
de bien vouloir répondre à nos questions.
Pouvez-vous nous expliquer depuis quand êtes
vous en Israël, et quel a été votre
parcours ?
David BOCCARA : J'ai 37 ans, je
suis marié et père de 4 enfants. Cela
fait maintenant 12 ans que mon épouse Mylène
et moi, accompagnés de notre fils de 5 mois
à l'époque, avons fait notre alyah pour
s'installer à Jérusalem. Ancien élève
de l'école Yavné à Paris, j'ai
poursuivi mes études à l'Ecole Supérieure
de Commerce de Reims dont je suis sorti major de la
promotion 90. J'ai ensuite travaillé pendant
3 ans chez Auguste-Thouard, premier cabinet de conseil
immobilier en France, en tant que négociateur
spécialisé dans l'arbitrage d'immeubles
de rapport dans les beaux quartiers de Paris.
C-I : Quelle est votre activité
professionnelle en Israël ?
D.B : Après avoir géré
pendant 11 ans une holding d'investissements immobiliers,
j'ai fondé au début 2004 le cabinet
conseil Israël Assets Management qui, en plus
de la gestion de plusieurs sociétés
d'investissement sur Jérusalem et la région
Centre, est spécialisé dans le conseil
aux particuliers dans leur démarche d'achat
en Israël et la gestion d'investissements immobiliers
privés. En parallèle, je siège
aussi en tant que Président de la Commission
Immobilier de la Chambre de Commerce Israël-France
dont l'objet est d'aider au développement des
relations économiques entre nos deux pays.
C-I : En quoi votre travail diffère-t-il
du pur agent immobilier ?
D.B : En fait, je suis titulaire
de la carte d'agent immobilier, mais j'ai décidé
de me spécialiser dans le conseil "sur-mesure",
ce qui fait que j'interviens auprès de particuliers
que dans deux cas de figure : soit sur demande expresse
du client pour qui je vais rechercher le bien après
l'avoir aidé à préciser sa demande,
soit en tant que mandataire du client pour qui je
vais réaliser toutes les démarches nécessaires
au montage et à la finalisation de son investissement.
Je joue le rôle d'une véritable "interface"
avec le vendeur/promoteur, l'avocat, la banque, l'architecte,
etc.
C-I : Comment définiriez-vous
en ce début 2005 le marché immobilier
en Israël ?
D.B : Après une longue période
de crise immobilière, qui a débuté
en 1997, il y a une véritable reprise du marché
depuis environ 1 an et demie. Si la crise est toujours
profonde pour le secteur du bureau et des commerces,
les prix du logement atteignent de nouveau des sommets,
surtout dans les quartiers dits "résidentiels",
comme Mochava, Talbiyeh ou Arnona à Jérusalem,
ou encore le périmètre des rues situées
derrière les hôtels Hilton et Dan à
Tel-Aviv.
C-I : Existe-t-il selon vous un marché
immobilier "francophone" en Israël
?
D.B : S'il est vrai que le public
de France investit aujourd'hui de façon massive
dans les grandes villes comme Tel-Aviv ou Jérusalem,
et contribuent de ce fait à la hausse des prix,
ils ne sont généralement pas seuls et
restent encore en phase avec le marché israélien.
Par contre, dans certaines villes comme Ashdod ou
Eilat, on peut parler de véritables "micromarchés"
dont les prix sont entièrement influencés
par les acquéreurs français, ce qui
pour moi constitue d'ailleurs un réel danger
à terme. Ainsi par exemple, un cottage sur
plan de 3P à Eilat qui se vendait 110.000 $
durant l'été 2003 se vend aujourd'hui
plus de 145.000 $ !
C-I : Qu'est-ce qui caractérise
selon vous le candidat acquéreur de France
D.B : Il est en général
très motivé pour acheter en Israël,
sans toujours savoir exactement ce qu'il veut : localisation,
type de produit, logement/pied-à-terre/placement
? En même temps, du fait d'une naturelle ignorance
du marché israélien et de ses méthodes,
ils sont souvent hésitants et parfois même
méfiants. C'est d'ailleurs là que la
notion de conseil devient primordiale pour réussir
à tranquilliser mais surtout orienter le candidat
acheteur.
C-I : Expliquez-nous maintenant comment
vous avez décidé de vous installer en
Israël ?
D.B : En fait, alors que nous avions
de très bonnes situations professionnelles
à Paris, la naissance de notre premier enfant
a été un véritable déclic;
nous avons pensé qu'il valait mieux partir
le plus tôt possible pour pouvoir élever
nos enfants en Israël, quitte à redémarrer
de 0.
C-I : Connaissez-vous la Corse ?
D.B : J'ai eu le plaisir de découvrir
la Corse en tant que vacancier il y a une vingtaine
d'années : je garde d'ailleurs un superbe souvenir
de la plage de Pinarello, qui n'a rien à envier
aux plages de l'Ile Maurice.
C-I : Et connaissez vous le peuple Corse
?
D.B : Je vais vous raconter une
anecdote qui m'a marque. Quelques jours avant notre
départ de France, j'ai vendu notre BMW à
un Corse, qui avait quitté son île
pour la première fois pour venir prendre la
voiture. Après avoir conclu l'affaire, nous
sommes allés prendre un pot au café
du coin et il nous a demandé pourquoi on vendait
une voiture qui avait moins d'un an, en parfait état
! Je lui ai dit que nous partions "à l'étranger";
il a demandé "où?"; on lui
a répondu "en Israël"; "vous
êtes Juifs ?"; "oui"; et là
il nous a dit, très sincèrement : "mais
vous devez être très heureux
vous
rentrez à la maison, dans votre pays!!!".
Cette phrase là nous a conforté dans
la justesse de notre choix; il fallait rentrer au
pays, de la même façon que pour lui,
la Corse était son pays! Et c'est peut-être
là que se ressemblent le plus ces deux peuples,
dont l'identité est si forte.
C-I : L'équipe de Corse-Israel
vous remercie pour votre participation.
D.B : Merci à vous.