Portraits
Cette rubrique vous permetra de mieux connaitre les habitants des 2 pays .
Corse Israel s'entretient avec Mr David Boccara, président de la Commission Immobilier de la Chambre de Commerce Israël-France, en direct de Jérusalem ...
David BOCCARA
Conseil Immobilier
Israel Assets Management

Cell. (050) 546 45 89
Bur. (02) 673 10 10
Fax (02) 673 65 66
E-mail : david@iam.co.il
Site : www.iam.co.il

 

Corse-Israel : Bonjour David, merci de bien vouloir répondre à nos questions. Pouvez-vous nous expliquer depuis quand êtes vous en Israël, et quel a été votre parcours ?

David BOCCARA : J'ai 37 ans, je suis marié et père de 4 enfants. Cela fait maintenant 12 ans que mon épouse Mylène et moi, accompagnés de notre fils de 5 mois à l'époque, avons fait notre alyah pour s'installer à Jérusalem. Ancien élève de l'école Yavné à Paris, j'ai poursuivi mes études à l'Ecole Supérieure de Commerce de Reims dont je suis sorti major de la promotion 90. J'ai ensuite travaillé pendant 3 ans chez Auguste-Thouard, premier cabinet de conseil immobilier en France, en tant que négociateur spécialisé dans l'arbitrage d'immeubles de rapport dans les beaux quartiers de Paris.

C-I : Quelle est votre activité professionnelle en Israël ?

D.B : Après avoir géré pendant 11 ans une holding d'investissements immobiliers, j'ai fondé au début 2004 le cabinet conseil Israël Assets Management qui, en plus de la gestion de plusieurs sociétés d'investissement sur Jérusalem et la région Centre, est spécialisé dans le conseil aux particuliers dans leur démarche d'achat en Israël et la gestion d'investissements immobiliers privés. En parallèle, je siège aussi en tant que Président de la Commission Immobilier de la Chambre de Commerce Israël-France dont l'objet est d'aider au développement des relations économiques entre nos deux pays.

C-I : En quoi votre travail diffère-t-il du pur agent immobilier ?

D.B : En fait, je suis titulaire de la carte d'agent immobilier, mais j'ai décidé de me spécialiser dans le conseil "sur-mesure", ce qui fait que j'interviens auprès de particuliers que dans deux cas de figure : soit sur demande expresse du client pour qui je vais rechercher le bien après l'avoir aidé à préciser sa demande, soit en tant que mandataire du client pour qui je vais réaliser toutes les démarches nécessaires au montage et à la finalisation de son investissement. Je joue le rôle d'une véritable "interface" avec le vendeur/promoteur, l'avocat, la banque, l'architecte, etc.

C-I : Comment définiriez-vous en ce début 2005 le marché immobilier en Israël ?

D.B : Après une longue période de crise immobilière, qui a débuté en 1997, il y a une véritable reprise du marché depuis environ 1 an et demie. Si la crise est toujours profonde pour le secteur du bureau et des commerces, les prix du logement atteignent de nouveau des sommets, surtout dans les quartiers dits "résidentiels", comme Mochava, Talbiyeh ou Arnona à Jérusalem, ou encore le périmètre des rues situées derrière les hôtels Hilton et Dan à Tel-Aviv.

C-I : Existe-t-il selon vous un marché immobilier "francophone" en Israël ?

D.B : S'il est vrai que le public de France investit aujourd'hui de façon massive dans les grandes villes comme Tel-Aviv ou Jérusalem, et contribuent de ce fait à la hausse des prix, ils ne sont généralement pas seuls et restent encore en phase avec le marché israélien. Par contre, dans certaines villes comme Ashdod ou Eilat, on peut parler de véritables "micromarchés" dont les prix sont entièrement influencés par les acquéreurs français, ce qui pour moi constitue d'ailleurs un réel danger à terme. Ainsi par exemple, un cottage sur plan de 3P à Eilat qui se vendait 110.000 $ durant l'été 2003 se vend aujourd'hui plus de 145.000 $ !

C-I : Qu'est-ce qui caractérise selon vous le candidat acquéreur de France

D.B : Il est en général très motivé pour acheter en Israël, sans toujours savoir exactement ce qu'il veut : localisation, type de produit, logement/pied-à-terre/placement ? En même temps, du fait d'une naturelle ignorance du marché israélien et de ses méthodes, ils sont souvent hésitants et parfois même méfiants. C'est d'ailleurs là que la notion de conseil devient primordiale pour réussir à tranquilliser mais surtout orienter le candidat acheteur.

C-I : Expliquez-nous maintenant comment vous avez décidé de vous installer en Israël ?

D.B : En fait, alors que nous avions de très bonnes situations professionnelles à Paris, la naissance de notre premier enfant a été un véritable déclic; nous avons pensé qu'il valait mieux partir le plus tôt possible pour pouvoir élever nos enfants en Israël, quitte à redémarrer de 0.

C-I : Connaissez-vous la Corse ?

D.B : J'ai eu le plaisir de découvrir la Corse en tant que vacancier il y a une vingtaine d'années : je garde d'ailleurs un superbe souvenir de la plage de Pinarello, qui n'a rien à envier aux plages de l'Ile Maurice.

C-I : Et connaissez vous le peuple Corse ?

D.B : Je vais vous raconter une anecdote qui m'a marque. Quelques jours avant notre départ de France, j'ai vendu notre BMW à … un Corse, qui avait quitté son île pour la première fois pour venir prendre la voiture. Après avoir conclu l'affaire, nous sommes allés prendre un pot au café du coin et il nous a demandé pourquoi on vendait une voiture qui avait moins d'un an, en parfait état ! Je lui ai dit que nous partions "à l'étranger"; il a demandé "où?"; on lui a répondu "en Israël"; "vous êtes Juifs ?"; "oui"; et là il nous a dit, très sincèrement : "mais vous devez être très heureux…vous rentrez à la maison, dans votre pays!!!". Cette phrase là nous a conforté dans la justesse de notre choix; il fallait rentrer au pays, de la même façon que pour lui, la Corse était son pays! Et c'est peut-être là que se ressemblent le plus ces deux peuples, dont l'identité est si forte.

C-I : L'équipe de Corse-Israel vous remercie pour votre participation.

D.B : Merci à vous.