Interview
Une personne interviewee s'exprime sur la Corse et Israel ...
Interview de Laurent Dominati, offerte par Guysen

Guysen Israël News : C’est votre deuxième candidature dans cette circonscription. Pour quelles raisons vous présentez-vous à cette élection?

Laurent Dominati : Je me suis déjà présenté il y a deux ans. J’habite dans cet arrondissement avec ma famille. Je veux motiver les électeurs pour qu’ils votent et indiquent au gouvernement : « On veut poursuivre les réformes ». Il ne faut pas baisser les bras. Il faut réagir alors que la gauche réagit et accélérer le mouvement de réformes.

G.I.N : Vous faites l’objet d’une instruction judiciaire…

L.D : Cette procédure a été engagée il y a quatre ans. J’étais secrétaire national de mon parti, Démocratie libérale. J’ai été mis en examen pour une histoire de « faux électeurs », qui sont de véritables électeurs du 3e arrondissement de Paris. J’ai alors été auditionné par le juge d’inscription pendant environ trente minutes. Je n’ai ensuite plus été auditionné. Les Verts avaient déposé plainte en 1988. C’est une affaire politique et scandaleuse de bout en bout. Tous les électeurs ont été interrogés. Il s’agit tous de vrais électeurs, et non de morts qui votent. On voulait mettre Jean Tibéri, Jacques Chirac, Jacques Dominati en difficulté. Je n’ai joué aucun rôle dans cette affaire des présumés « faux électeurs du 3e arrdt ». Je n’ai pas été condamné, mais les gens en parlent.

G.I.N : Quelles sont vos relations avec la communauté juive ?

L.D : C’est une satisfaction de savoir qu’elle me reconnaît comme un de ses défenseurs. J’ai de bons souvenirs de la communauté juive du 3e arrondissement dont j’ai été le député. Il n’y avait pas alors chez elle ce sentiment de crainte, d’inquiétude. Beaucoup de Juifs ont quitté le centre de la capitale.

G.I.N : De récentes décisions de justice en matière d’antisémitisme ont été jugées laxistes…

L.D : J’ai une confiance limitée en la justice. Il faut se battre sur le terrain de nos convictions. Je ne suis pas pour le fait de donner trop de publicité à Dieudonné.

G.I.N : Le 7 octobre 2000, à Paris, au cours d’un rassemblement contre Israël, on a crié « Mort aux Juifs ». Le 10 octobre, vous étiez alors député et vous avez interpellé au nom de votre groupe le Premier ministre Lionel Jospin sur ce slogan antisémite. Vous avez cité la question posée à M. Jospin et la réponse fournie dans un compte-rendu de mandat. Le MRAP s’est senti diffamé et a porté plainte contre vous. En 2002, la justice vous a relaxé et a débouté le MRAP de son action…

L.D : Je ne regrette pas d’avoir interrogé Lionel Jospin sur ce fait et je ne comprends pas qu’on m’ait poursuivi en justice pour cela. Si à l’époque, le gouvernement nous avait suivi et avait pris les sanctions devant cette vague d’actes antisémites qui débutait, nous n’en serions pas là. Nicolas Sarkozy a pris les bonnes mesures pour lutter contre l’antisémitisme. On a perdu du temps, mais il n’est pas trop tard pour agir. J’ai participé aux manifestations du 7 avril 2002 et du 16 mai 2004 contre l’antisémitisme.
L’antisémitisme, on le connaît : il a une composante traditionnelle, puis de nouveaux éléments liés à l’extrême-gauche, à l’islamisme. Il est entretenu par certains médias. Il faut le combattre. L’antisémitisme concerne tout le monde. On commence par les Juifs, Israël…

G.I.N : Quelles sont vos relations avec Israël ?

L.D : J’ai effectué de nombreuses visites, en délégations officielles et en famille, en Israël. J’y étais lors de la première guerre du Golfe, avec François Fillon et François Léotard, quand les gens portait des masques à gaz. J’y suis allé également avec une délégation de Pierre Lellouche. Ce qui m’a frappé, c’est la capacité de résistance et le courage des Israéliens dans la vie quotidienne. Israël est un pays en guerre. Ceux qui accusent Israël ne tiennent pas compte de cela. Si la France était en guerre, elle réagirait avec plus de dureté. Arrêtons les faux-semblants : Israël n’est pas la cause des maux du monde. Le terrorisme ne répond à aucune règle et il est condamnable en lui-même. Rien ne peut le justifier. Il y a peu de députés qui sont prêts à prendre des risques pour Israël. Je serai un de ceux-là. Je l’ai déjà prouvé. Quand on attaque Israël, on s’en prend à ce que cet Etat représente : une démocratie, une conception humaniste, les droits de l’homme.

G.I.N : Concernant l’Autorité palestinienne…

L.D : J’avais posé une question au Ministre des Affaires étrangères sur la destination des fonds alloués à l’Autorité palestinienne. Je n’avais pas eu de réponse, sinon une réponse évasive et dilatoire. Mais on connaît l’usage de cet argent : une partie va à l’achat d’armes, une autre dans les comptes bancaires de Yasser Arafat. On le sait par les pays arabes…

G.I.N : Avec Jack-Yves Bohbot, vous avez proposé un vœu au Conseil de Paris qui l’a adopté le 7 juin 2004. Ce vœu suggérait qu’un lieu de la capitale porte le nom de Theodor Herzl.

L.D : Vienne va inaugurer en juillet un square Theodor Herzl. Jack-Yves Bohbot et moi avons pensé que Paris, une ville universelle, devait rendre hommage à Theodor Herzl qui a transformé une utopie en réalité. Herlz a été le correspondant à Paris d’un journal viennois. A ce titre, il a couvert l’affaire Dreyfus qui l’a profondément marqué. Il a réfléchi alors à la situation des Juifs en Europe. Il est l’auteur de « L’Etat juif » qui est à l’origine du mouvement sioniste moderne. Le sionisme n’ets pas un racisme, mais une belle idée. Il a aussi écrit un livre amusant « Scènes du Palais-Bourbon » où il raconte les débats à l’Assemblée nationale.

 
 
 
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