Une personne interviewee s'exprime sur la Corse et Israel
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Corse-Israel interview Anne-Marie Antonietti,
qui a effectue un volontariat dans Tsahal
Suite
à de très nombreux messages de nos internautes
qui ont appréciés particulièrement
cette interview, nous avons décidé de la
mettre en bonne place dans notre site.
C'est aussi un exemple de solidarité exceptionnel
entre ces deux peuples.
Cliquez pour agrandir !
Corse-Israel : Une Corse dans Tsahal
? Comment-ca ?
Anne-Marie Antonietti : Plus exactement,
une Corse partie en Israël avec Sar-El, pour
ce qu'on appelle un volontariat civil : des personnes
juives de la Diaspora vont aider pendant 2 ou 3 semaines,
en déchargeant les soldats de tâches
purement matérielles. Cela leur apporte aussi
un soutien moral, et encourage la population d'Israël.
De plus, cela évite d'appeler des réservistes,
qui ont à la fois une vie professionnelle et
familiale : faire appel à eux désorganiserait
sans cesse la vie du pays, alors que nous étions
heureux de pouvoir accomplir toutes ces tâches
pour aider Israël !
Bien que non-Juive, j'ai été acceptée
pour me joindre à 80 personnes partant de France,
pour 2 semaines, du 24 octobre au 7 novembre. Arrivés
en Israël, nous avons été répartis
pour aider dans plusieurs bases. Notre groupe comptait
16 personnes. J'ai été affectée
à ce groupe-là car il y avait chaque
soir un cours d'Hébreu, que j'avais demandé
de suivre.
C-I : Vous parliez de «tâches
matérielles ». Que faisiez-vous ?
A-M. A : Des choses très
variées. Pour ma part, j'ai presque toujours
aidé aux cuisines ; mais nous avons aussi repeint
une pièce pour faire une salle de sport pour
les soldats ; nettoyé une autre pièce
pour faire une bibliothèque ;d'autres ont préparé
des paquetages ou trié des vêtements.
Les tâches exigeant plus de forces physiques
étaient bien sûr confiées aux
hommes. Nous étions encadrés par 2 jeunes
soldates, appelées « madrihots »,
qui veillaient sans cesse à nos besoins et
organisaient notre travail en fonction de nos capacités
ou de notre fatigue. Elles ont aussi organisé
pour nous un après-midi de visite à
Jérusalem, et un autre à Tel-Aviv.
C-I : N'avez-vous pas eu peur de partir
en Israël ?
A-M. A: D'abord,
quand j'ai la conviction de faire quelque chose, je
le fais, et je ne me pose pas de questions. Mais (cela
va sûrement étonner, à cause de
tout ce que tous nos médias nous font croire
!) je tiens à dire que je me sentais en Israël
beaucoup plus en sécurité qu'à
Paris, ou dans beaucoup de villes et banlieues de France.
Car il n'y a pas toute cette délinquance de nos
pays. Ainsi, même une femme, ou une toute jeune
fille, peuvent circuler tard le soir, et dans un quartier
désert, sans aucun risque.
De plus, que ce soit pour entrer dans une gare ou dans
une galerie marchande, etc. on passe dans ces portes
de contrôle semblables à celles de nos
aéroports. Je me sentais donc partout tout à
fait en sécurité.
Bien sûr qu'il y a parfois des attentats. Mais
il est impressionnant de voir qu'ici, la vie est vraiment
plus forte que tout ! Les gens sont courageux. Peut-être
parce qu'ils ont été tellement persécutés,
hélas, dans tous nos pays, tout au long de ces
siècles. Même dans une rue piétonne
où il y a eu de nombreux attentats, une foule
se promène tranquillement ; on regarde les vitrines,
on discute ou on mange une pizza comme s'il ne s'y était
jamais rien passé. Les boutiques, les restaurants
et les terrasses sont pleins de monde.
Après l'attentat qui s'est passé à
Tel-Aviv pendant notre séjour, je suis allée
de nombreuses fois dans le plus grand centre commercial
de Jérusalem. C'est immense, mais il était
toujours bondé de familles faisant leurs courses
paisiblement, de parents flânant tranquillement
avec leurs enfants, comme dans la plus grande insouciance.
La victoire de la vie, en somme !
C-I : Par quoi d'autre avez-vous été
frappée, durant ces deux semaines ?
A-M. A: Par beaucoup
de choses, bien sûr. Par la grande propreté
: des rues et des villes. On voit qu'ils aiment leur
terre et la respectent. Alors, ils la gardent propre
; ce que nous faisons rarement, malheureusement. De
plus, le pays, est beau ; les villes, en particulier
les maisons blanches de Jérusalem, avec cette
teinte rose dorée très particulière,
au coucher du soleil. Et, compte tenu du riche passé
historique d'Israël, et des réalités
spirituelles liées à cette terre, il est
toujours impressionnant de se trouver ici.
Mais j'ai surtout été très frappée
par l'accueil. Notre Corse est connue pour être
une terre d'hospitalité et d'accueil, même
si cela se perd souvent, hélas. Mais je peux
dire que les personnes juives de notre groupe et les
Israéliens rencontrés là-bas se
sont vraiment comportés avec moi comme l'auraient
fait nos grand-parents, ou le font encore les authentiques
familles corses traditionnelles d'aujourd'hui.
Je n'avais jamais vécu avec des personnes juives,
et j'ignorais tout de leur façon de vivre. De
plus, lors de mes deux précédents voyages
en Israël, je faisais partie d'un groupe, sans
rencontrer vraiment la population, et. sans devoir chercher
un bus, et me débrouiller dans un pays et une
langue inconnus ! Ce voyage était donc pour moi
un vrai saut dans l'inconnu !
Mais, dès mon arrivée à Roissy,
l'accueil par ces Juifs de France, et l'ambiance très
simple et chaleureuse du groupe ont immédiatement
balayé toutes mes appréhensions ! Tout
de suite, ils m'ont intégrée comme si
j'avais été avec eux depuis toujours.
Puis, dans l'avion, des Israéliens qui ne me
connaissaient pas du tout m'ont donné leurs coordonnées,
m'invitant à venir passer le Shabbat chez eux.
Par la suite, de nombreuses autres personnes m'ont invitée
de la même façon, soit pour ces deux semaines,
soit pour 2005, lorsque je retournerai en Israël
; et même aussi à Paris, lorsque j'y serai
de passage. Et, si je devais résumer ce voyage,
c'est ce que je dirai : l'accueil, simple et chaleureux
; la gentillesse joyeuse de tous.
C-I : Mais le fait d'être non-Juive
n'a-t-il pas été un obstacle ?
A-M. A: Au contraire.
Déjà, tout le monde nous remerciait sans
cesse d'être venus. Mais, quand ils ont su que
je n'étais pas Juive, cela les a d'autant plus
encouragés de voir que, au-delà des positions
de nos pays et des médias, il y a aussi des personnes
qui les aiment au point de venir pour être avec
eux, et pour les aider.
Bien sûr, nous avons des habitudes et croyances
différentes. Mais je suis reconnaissante à
plusieurs personnes de notre groupe qui veillaient à
ce que rien ne soit dit ou fait qui puisse me blesser,
ou m'offenser dans mes convictions. Et je pouvais, moi
aussi, leur poser toutes les questions nécessaires,
afin de mieux comprendre et mieux respecter.
Je tenais à respecter, en particulier, la famille
juive pratiquante qui m'a accueillie pour le Shabbat,
à Jérusalem. Ils savaient que je ne connaissais
rien, et ils m'ont fait vivre avec eux un vrai repos
de Shabbat ! Temps inoubliables de vie de famille et
d'amitié. J'ai pu aller avec eux à la
synagogue, pour la 1ère fois de ma vie. Ils m'ont
aussi fait visiter Jérusalem. Et j'ai été
étonnée de rencontrer autant de familles
venues de France.
Partout, j'ai été reçue d'une façon
extraordinaire. Mais j'ai été frappée
par le fait que, plus la personne est enracinée
dans la Foi et les Textes de son peuple, et plus je
sentais un respect mutuel et une relation personnelle
profonde, entre nous, puisque moi-même, comme
chrétienne, je suis enracinée dans ces
mêmes textes du peuple juif.
Même si beaucoup voudraient changer cela, et même
si ce n'est plus pour longtemps, nos pays sont encore
fondés sur la Bible, et ont donc Israël
comme racine, et pour D.ieu.. le D.ieu d'Israël
!
C-I :Quelque chose vous a paru difficile
?
A-M. A: Difficile
?. Plus exactement, j'ai trouvé très impressionnant
de voir tous ces si jeunes soldats : de 18 ou 20 ans
! Cela m'a beaucoup touchée de voir dans cette
base militaire, et aussi dans le pays (pour protéger
l'entrée des centres commerciaux, ou des gares.)
ces jeunes fils et filles, ces frères, ces soeurs,
devoir donner 3 années de leur vie, à
l'âge où nos enfants, dans nos pays, sont
encore sur les bancs des universités. Mais ces
jeunes-là pourront aller étudier seulement
après ces 3 années de service ! Quel effort
énorme doit fournir ce si petit pays, pour défendre
son existence-même et sa population civile !
Mais je voudrais aussi dire combien j'ai été
frappée par le contact avec ces jeunes soldats.
Les médias du monde donnent l'image de soldats
israéliens brutaux, voire inhumains. Et, tout
d'un coup, je me trouvais au milieu de ces tout jeunes,
qui nous souriaient et nous saluaient toujours gentiment,
parfois avec le peu de Français qu'ils connaissaient
; plaisantant avec nous et nous disant de nous reposer
si nous étions fatigués ! Certes, ils
sont bien formés, et disciplinés, et donc
efficaces. Mais sans rien de tout ce fanatisme et cette
haine que l'on voit dans d'autres armées, ou
d'autres peuples. Au contraire, j'ai toujours vu une
grande simplicité et une grande gentillesse.
Ils essaient, malgré tout, d'être. ce qu'ils
sont, c'est-à-dire. des jeunes !.
C-I : Quelle réaction particulière
avez-vous, en tant que Corse ?
A-M. A :Tout ce que
je viens d'exprimer, c'est en tant que Corse que je
l'ai ressenti : ainsi que j'avais voulu l'exprimer dans
la lettre de soutien de la Corse à Israël
, nos deux pays et nos deux peuples se ressemblent,
sur tant de points ! C'est pour cela que j'ai été
tellement sensible à la beauté d'Israël,
à l'accueil de sa population, à leur amour
pour leur terre, etc. Car ce sont les traits qui nous
caractérisent, nous aussi.
Et c'est aussi en tant que Corse que JE SUIS OUTREE
PAR LA DESINFORMATION, dont est victime ce petit pays
de la part du monde entier ! Je la comprends d'autant
mieux que nous subissons cette désinformation
de la part du continent. Peut-être que des Juifs
de France ne nous aiment pas, à cause de tout
ce qu'ils entendent sur nous ? Alors, je leur dirai
: ce que vous dénoncez par rapport à Israël,
sachez que nous en sommes victimes, de la part des mêmes
médias, par les mêmes tactiques de désinformation.
On ne nous aime pas, alors que nous aimons seulement
notre pays, notre langue et notre identité, et
voulons leur pérennité.
Connaissant le pouvoir de la désinformation,
et la souffrance qu'elle engendre, je suis sensible
à la souffrance, au sentiment d'isolement et
d'incompréhension, d'injustice que peuvent ressentir
les Israéliens. C'est pourquoi je tenais à
faire ce volontariat : pour exprimer ma solidarité,
pas seulement par des paroles, mais d'une façon
très concrète : par mon temps, par mon
argent, par mon travail à leurs côtés,
par mon amitié.
C'est pourquoi j'ai démissionné de mon
travail, afin de partir servir bénévolement
en Israël 2 ans, 3 ans (ou plus ?). dans le cadre
d'une organisation internationale qui apporte une aide
matérielle à la population, et lutte aussi
contre la désinformation. Mais nous en reparlerons
le moment venu, en 2005.
En résumé, je veux dire MERCI A TOUS,
pour ces deux semaines inoubliables ! Merci aux organisateurs
de Sar-el, à nos madrihots, à chacun de
notre groupe, à tous ces jeunes soldats, et à
tous ceux qui m'ont accueillie comme ils l'ont fait
!
Je suis seulement triste que ce volontariat avec Tsahal
soit nécessaire : j'aimerais que vous puissiez
avoir une vie toute normale, dans la paix, et que nous
puissions seulement venir nous réjouir avec vous,
et contempler ensemble le pays de la Promesse, "pays
où coulent le lait et le miel" !