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Hérodion - La ville royale


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Ville antique construite par le roi Hérode pour marquer une victoire militaire, Hérodion est citée par Flavius Josèphe dans ses chroniques historiques pour détailler sa richesse et son esthétique. Les vestiges du palais forteresse et de ses environs ne furent identifiés qu'au XIXème siècle. Depuis, les fouilles ont mis à jour la grandeur de cette ancienne localité, témoin de la mégalomanie du Roi des Juifs sous l'empire romain.

Culminant à 758 mètres d'altitude à une douzaine de kilomètres au sud de Jérusalem, subsistent les vestiges du palais royal qu'Hérode fit construire à l'endroit où il remporta la victoire sur ses ennemis asmonéens et parthes en 40 avant l'ère chrétienne. Pour commémorer l'événement, le roi bâtit sur cette colline un palais forteresse (innovation hérodienne) auquel il donna son nom: Hérodion. Dominant à l'Orient le désert de Judée et les monts de Moab et à l'ouest, les collines de Judée, le site offre une vue panoramique sur toute la région.
Hérodion est scindée en deux zones : d'une part la forteresse et le palais entouré de tours sur la colline, servant d'acropole aux autres habitations, d'autre part un ensemble de constructions royales disposées autour d'un grand bassin dans la plaine conçue comme une véritable ville avec un centre administratif pour la région. Prévoyant, Hérode 'érigea aussi de son vivant son propre tombeau royal.

Les édifices royaux
A l'origine, la fortification constituée de deux murailles se dressait à 30 mètres de hauteur, sur sept étages dont deux souterrains, renforcés et séparés par des plafonds de bois à voûtes. La superstructure s'élevait au-dessus de la cour du palais. Haute de cinq étages, ils étaient utilisés pour l'entreposage et l'hébergement des soldats et des serviteurs. Quatre imposantes tours cardinales quadrillaient les murs. Celle à l'est - la plus importante - mesurait 18 mètres de diamètre. Dominant toute la forteresse, elle offrait une vue panoramique. Cette tour possédait plusieurs étages supérieurs aménagés en pièces probablement destinées à l'entourage royal, ou en cas de danger, de cachette.
Les trois autres tours de 16 mètres de diamètre et leurs étages supérieurs servaient d'entrepôts et de quartiers d'habitation. Un rempart extérieur fut rajouté a la fortification de la colline, élevant artificiellement la colline et lui donnant une apparence conique. Un escalier raide et étroit menait à la porte d'entrée de la forteresse. L'approvisionnement en eau était assuré par de grandes citernes situées dans la pente à l'extérieur et sous la forteresse, collectant l'eau de pluie amenée depuis le flanc de la colline. L'eau y était ensuite puisée par des domestiques et transportée au sommet de la colline dans un réservoir probablement toujours approvisionné.
Le centre de la place forte était occupé par le palais privé d'Hérode. Superbement aménagés, les somptueux et très confortables appartements royaux étaient conçus à la fois dans un souci de sécurité et d'esthétique avec ses sols de dalles colorées, ses mosaïques et ses peintures murales. Le palais comprenait un jardin enchâssé dans un patio entouré de portiques aux colonnes ornées de chapiteaux corinthiens. A l'ouest, le palais se composait de deux étages. Au rez-de-chaussée se trouvaient un salon au toit reposant sur quatre colonnes (converti en synagogue par les combattants juifs durant leur révolte contre Rome [66-70], des bancs de pierre y furent rajoutés), une cour en forme de croix avec des salles à chaque angle, de petits thermes (dont l'un des toits à coupole est le plus ancien exemple découvert à ce jour en Israël).

La ville basse

Dans la plaine située en contrebas de la forteresse, le bas Hérodion s'étendait sur une quinzaine d'hectares. Un grand bassin profond y était utilisé en tant que piscine et principal réservoir de la ville, dont l'eau provenait d'un aqueduc spécialement construit. Autrefois recouvert d'un toit reposant sur des colonnes, dont les fondations ont été retrouvées au centre du bassin, il s'agissait probablement d'un pavillon de détente et de divertissement. Il était entouré de grands jardins eux-mêmes ceints de hauts portiques constitués de colonnes ornées de chapiteaux ioniques. Des deux côtés du bassin se dressaient des salles dont l'une d'elles, décorée de pilastres et de fresques, était supposée servir aux réceptions ou peut-être même destinée au trône.
L'ensemble des bâtiments agencé autour de la piscine comprenait : un large édifice avec des aires d'entreposage où des fragments de jarres en céramique ont été retrouvés, des logements pour les domestiques et de grands thermes décorés et peints qui comprenaient un certain nombre de bassins et de pièces, dont l'une chauffée par un système de sol surélevé permettait à l'air chaud de circuler au-dessous. Les sols décorés étaient dallés de mosaïques colorées à motifs géométriques et floraux : grenades, feuilles de vignes et grappes de raisin.
L'édifice dit ''monumental'' pourrait avoir servi lors des cérémonies royales. La salle carrée s'ouvrait sur l'aire nivelée qui servit peut-être d'esplanade au cortège funéraire du souverain. Les décorations caractéristiques des monuments funéraires de Jérusalem (murs en pierre de taille, niches entre les pilastres) et le bain rituel retrouvés laissent penser que le bâtiment faisait partie du mausolée du roi Hérode en personne. Mais la tombe elle-même n'a pas encore été découverte. Elle serait sans doute profondément enfouie dans les versants de la place forte d'Hérodion.

Bien des années après la fin du règne et la mort de son fondateur, Hérodion fut une des trois dernières places fortes détenues par les combattants juifs après la destruction de Jérusalem en 70 de l'ère chrétienne. Mais après de rudes luttes, la ville fut conquise et détruite par les Romains en 71.

Le site ne fut identifié que tardivement, au XIXe siècle. Les vestiges du palais forteresse ont fait l'objet de plusieurs fouilles depuis le début des années 1960. Celles des édifices situés au pied de la colline ont été menées par intermittence depuis 1972 jusqu'à nos jours. Ces recherches ont été menées pour le compte de l'Université hébraïque de Jérusalem.
Au fur et à mesure des fouilles, d'importantes restaurations ont été réalisées sur les édifices d'Hérodion. Au bas de la colline, s'étendent encore aujourd'hui des parcs qui méritent d'être visités, pour voir entre autres, comment l'eau y était acheminée. On peut également se promener au sommet de la forteresse, escalader les murailles et apprécier la vue panoramique, descendre dans les tunnels de 300 mètres de long, découvrir les citernes et espaces taillés dans le roc sous la colline, les passages souterrains creusés en guise de cachette par les combattants juifs de la révolte de Bar Kochba (132-135) lorsque Hérodion subit à nouveau le siège de l'armée romaine. Et le grand bassin du bas Hérodion est, comme jadis, à nouveau entouré de portiques restaurés.
Site historique moins connu et visité que ses concurrents, il vaut pourtant le détour afin de se plonger une fois encore dans l'épopée royale hérodienne et l'héroïsme asmonéen.

Noémie Grynberg

 

Article offert gracieusement par ISRAEL MAGAZINE

     
 
 
 
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